Rue Waquet

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Henri Waquet
(4 mars 1887 - 20 juillet 1958)

 

Etat-civil et études d'Histoire

Né le 4 mars 1887 à Lorient, Henri Waquet y fit toutes ses études, de l'école primaire au baccalauréat.

Il se présente au concours d'entrée à l'Ecole des Chartes qu'il intègre premier en novembre 1907. Il en sort diplômé en 1911 ayant soutenu sa thèse sur l'organisation et l'histoire administrative d'un baillage royal au XIIIe et XIVe siècles : le baillage de Vermandois (Pays picard dont la ville-centre est Saint-Quentin).

Il se marie à 29 ans, le 19 août 1916 à Lorient avec Melle Marie-Amélie Amelot.

De cette union naissent 6 enfants : Marie-Rose (en 1918), Maryvonne (en 1919), Anne (en 1921), Brigitte (en 1923), Patrice (1926-1927), Lucile (en 1929).

Il décède à 71 ans le 20 juillet 1958 à Quimper, où il vivait depuis 1912, en tant qu'archiviste du Finistère.

Sa mémoire est honorée à Quimper où la Municipalité a donné son nom à une rue du quartier de Penhars par une délibération du 27 novembre 1964 (voir la notice dans le dictionnaire des rues de Quimper).

L'année du centenaire de sa naissance, en 1987, deux articles biographiques particulièrement élogieux lui sont consacrés, l'un par le quotidien Ouest-France et l'autre par le magazine Quimper Réalités, édité par la Municipalité.

 
Henri Waquet

Henri Waquet

Carrière : Directeur des Archives du Finistère

1911 - Membre de l'Ecole Française de Rome
1912 - Directeur des Archives départementales du Finistère, membre de la Société Archéologique du Finistère
1913 - 2ème secrétaire de la Société Archéologique du Finistère
1915 - Conservateur des Antiquités et objets d'arts
1919 - Secrétaire général de la Société Archéologique du Finistère
1922 - Président de la Société Archéologique du Finistère
1923 - Conservateur du Musée départemental
1937 - Chevalier de la Légion d'honneur (21 janvier)
1942 - Détaché aux archives départementales de la Dordogne pour lui éviter le risque d'une nouvelle incarcération par l'Occupant, comme prisonnier politique (voir ci-dessous)
1944 - Retour à Quimper
1951 - Fait valoir ses droits à la retraite (30 septembre)
1954 - Membre Correspondant de l'Institut de France
1958 - Commandeur des Palmes académiques (mars )

Henri Waquet Président SAF
Excursion de la Société Archéologique du Finistère 1931
Au centre, tête nue, Henri Waquet, président

 

Archives de Quimper
Quimper l'ancien siège des Archives du Finistère
rue du Palais

Ses nombreuses publications, savantes et grand public

- En 47 ans de production historique, archéologique, littéraire et professionnelle, Henri Waquet a publié un très grand nombre d'ouvrages, d'articles, de conférences, de notices. La liste de ses écrits s'enrichit régulièrement. A ce jour plus d'une centaine de références ont pu être rassemblées (voir la liste des publications de Henri Waquet à jour à fin septembre 2015) y compris certaines des notices nécrologiques et recensions d'ouvrages répertoriées dans les tables de la SAF et de la SAHB.
La Société Archéologique du Finistère (voir le site de la SAF), dont il a été Président pendant 36 ans a recensé toutes ses publications dans le "Bulletin" annuel. (Voir l'extrait correspondant de la Table du Bulletin), tout comme la base de données(voir l'extrait de cette base) de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne (voir le site de la SHAB) dont il a été président puis président d'Honneur.

- Si la communauté des historiens médiévistes connaissait et estimait H. Waquet depuis les années 1920, sa notoriété auprès du grand public cultivé s'est créée dans l'entre-deux guerres grâce à "L'Art Breton" publié pour la première fois chez Arthaud en 1933. Cet ouvrage de référence plusieurs fois réimprimé jusqu'à la Guerre a bénéficié, en 1942, d'une nouvelle édition, puis, en 1960, d'une troisième édition, entièrement refondue par H. Waquet avant son décès, et illustrée d'une iconographie totalement renouvelée.

- Sa contribution "Histoire de la Bretagne" à "Visages de la Bretagne" (Editions des Horizons de France) participe au succès de ce titre, édité pour la première fois en 1940 et réédité de très nombreuses fois (une sixième édition sort en 1953).

- Son Que sais-je ? "L'Histoire de la Bretagne" publié en 1943 a également connu un grand succès, tout comme ses guides en particulier ceux de Locronan, de Guimiliau et des calvaires bretons.

art breton
L'Art Breton
2ème édition, Arthaud (1942)
Couverture de Mathurin Méheut

qsj hist bretagne

Que Sais-je ?
N° 147
Première édition (1943)

visages bretg.
Visages de la Bretagne
Couverture de la 6ème édition (1953)
Dessins de M.Méheut -Gravures de Quillivic

locronan
Guide de Locronan
Edition 1958

 

"L'ardent patriote"

C'est par cette formule que B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, dans la notice nécrologique (lire la notice) qu'il consacre à Henri Waquet (1), introduit ce récit :

"Durant l'occupation allemande, il fut arrêté à deux reprises, d'abord le 23 avril 1941 pour trois semaines, puis en juillet de la même année pour une détention qui ne se termina qu'au mois d'avril 1942. Presque toute la durée de son incarcération se passa à Rennes, dans la prison Jacques-Cartier. Déjà suspect aux envahisseurs à cause de son hostilité contre le mouvement autonomiste, il fut plus gravement compromis le jour où son adresse fut découverte dans l'agenda de Wildé, gendre de Ferdinand Lot [un collègue historien médiéviste de H. Waquet], que les Allemands condamnèrent à mort."

- LA BRETAGNE EST FRANCAISE : NON A L'AUTONOMIE
Farouchement opposé à l'autonomie de la Bretagne, prônée par la frange activiste et rapidement collaborationniste de l'extrême-droite bretonne, Henri Waquet combat activement cette position en s'appuyant sur la longue histoire de sa région. Dans un mémo intitulé "UN PEU D'HISTOIRE", rédigé trois jours avant l'arrivée des Allemands à Quimper (soit le 20 ou le 21 juin 1940), il écrit :
"Certaines gens voudraient faire croire aux compatriotes de La Tour d'Auvergne qu'ils ne sont pas des Français...S'ils croient pouvoir se fonder sur l'histoire, ils se fourvoient...
Bien que les liens avec la Couronne [française] se fussent inévitablement relâchés au cours de la Guerre de Cent Ans, est-il nécessaire de rappeler les noms des trois grands connétables, Du Guesclin, Clisson, Richemont, serviteurs résolus des trois rois Charles ?...
Un gentilhomme cornouaillais, Guy Autret de Missirien [1599-1660], contemporain de Richelieu, ayant appris que les Impériaux se répandent dans nos provinces du Nord et de l'Est s'émeut du sort de nos frères de Picardie et de Bourgogne. Ils sont Français comme nous... La France, notre mère"
.
"Les deux derniers paragraphes de ce mémo (voir le mémo) ont été lus à la Radio Française de Londres" est-il indiqué au bas du manuscrit, au stylo par une main féminine.

- LE GOUVERNEMENT DE VICHY NOUS TROMPE
Les prises de position de Henri Waquet contre les orientations collaborationnistes du Gouvernement de Vichy étaient bien connues de sa famille puisque le 29 septembre 1940 il écrivait à l'un de ses frères :
"Les réformes projetées par Vichy sont un trompe-l’oeil à l’usage des naïfs « bien pensants ». Un gouvernement prisonnier – et qui fait tirer sur de bons Français – n’est pas légal, encore moins national, et ne peut être un gouvernement réformateur. Des spécialistes aveuglés par le plaisir de déployer leur talent, un vieillard découragé de 84 ans, une poignée de traîtres. Voilà.
Weygand, qui ne voulait plus de cette saleté, a subi un accident opportun ; en Allemagne c’est comme ça ; on vous suicide ou accidente.
J’écrirais là-dessus des pages et des pages..
."

- PRISONNIER POLITIQUE
- Depuis sa prison de Rennes, le 13 mai 1941, il écrit à son neveu Pierre Waquet , alors en fin d'études de Droit dans cette ville :
"Les jours succèdent aux jours et je me morfonds dans l'incertitude. ..M de la Rogerie [âgé de 68 ans, prédécesseur de Henri Waquet à la direction des archives du Finistère et retraité de la direction des Archives d'Ille et Vilaine], très charitable, et qui a du temps me dit qu'il se tient en contact avec toi... Comme à toi je lui dis que ce qui me serait le plus utile comme victuaille ce sont des oeufs durs avec du sel..."

- Et c'est aussi depuis une autre prison qu'il rédige cette dédicace de "Visages de la Bretagne" sorti au début de 1941 :
"Au Docteur Lucien Lagriffe. Témoignage de mon amitié et de ma reconnaissance. En ma prison de Saint Antoine. Quimper le 19 / 7 / 1941"

Un travail universitaire de 2015, très documenté, permet de connaître les engagements et les difficultés d'Henri Waquet pendant toute l'Occupation. (Voir le mémoire de Quentin Audran, Les archivistes français et l'engagement (XIXè-XXe siècles) ; Henri Waquet, archiviste engagé, Mémoire de Master 1, Université d'Angers, mms, julilet 2015).

- Les épreuves subies pendant cette période ont fortement altéré la santé de Henri Waquet pour le restant de sa vie.

Références bliographiques

(1) B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Henri WAQUET, dans Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologique de Bretagne, vol. XXXIX, 1959, p. 123-128.

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Dernière mise à jour : septembre 2015