Rue Waquet

  Site de la famille de Louis WAQUET & Marie GUERMEUR  
 
 



Biographie de Jacques GUERMEUR
(1750-1798)

La biographie complète de Jacques Guermeur est en cours de rédaction

[ Couple J. GUERMEUR - M. T. EON |Ses parents : Tanguy GUERMEUR-M. Jeanne CAILLOU ]
[ Jacques Guermeur à la Convention | Jacques Guermeur au Conseil des Anciens ]

 

Etat-Civil

Jacques, (Tanguy-Marie) GUERMEUR naît le 21 avril 1750 de Tanguy-Hervé GUERMEUR et de Marguerite Jeanne CAILLOU.

Il est baptisé le lendemain 22 avril 1750, à Quimper, dans la chapelle saint Ronan, faisant fonction d'église paroissiale dans l'église cathédrale. Quimper comptait 4 paroisses dans la ville close, chacune ayant son siège à un autel de la Cathédrale.

Jacques a pour parrain Jacques François Caillou, négociant à Quimper, le frère de sa mère, et pour marraine Marie Anne Guillemette Bouriquen, dame du Quenech'du, épouse du Sieur Guillier Dumarnay (acte de baptême : voir la copie ; voir la transcription). Son père Tanguy GUERMEUR est présent et signe l'acte tout comme trois membres de la famille PHILIPPE (du nom d'une arrière-grand-mère maternelle) dont Jacques Hyacinthe Philippe, sieur de Kermen, chirurgien.

Jacques, à 27 ans, épouse Marie Thérèse EON de Kerlavarec, 24 ans, le 21 janvier 1778 à Languidic (Morbihan). L'épouse est originaire de ce gros bourg situé à 16 km de Lorient et à 30 Km de Quimperlé, où son père était notaire et "procureur- c'est à dire avoué auprès - de différentes juridictions" (acte de mariage : voir la copie ; voir la transcription).

Jacques et Marie-Thérèse ont 8 enfants.

Jacques GUERMEUR décède à Quimper le 15 septembre 1798 (29 fructidor an VI) à l'âge de 48 ans (acte de décès : voir la copie ; voir la transcription).

Jacques GUERMEUR député à la Convention
Jacques Guermeur
Pastel sur parchemin 20,.5 x 27 cm
(Coll. Part.)

Ses études : les Jésuites à Quimper, le Droit à Rennes

- Comme l'indique l'abbé Le Coz, ancien professeur puis principal du collège des jésuites de Quimper, dans une de ses lettres écrite en 1793 de Rennes où il est évêque constitutionnel, Jacques Guermeur a bien été élève de cet établissement. Toutefois, contrairement à ce qu'on rapporte (voir Giboury, 1989) il n'a pu y rencontrer Mathieu Guezno, lui aussi député à la Convention Nationale, de 13 ans son cadet, ni La Tour d'Auvergne, surnommé plus tard le "Grenadier de la République", de 7 ans son aîné.
- Les registres de la Faculté de Droit de Rennes gardent la trace de l'inscription, "par bénéfice d'âge", de Jacques Guermeur en avril 1774, quelques jours après ses 24 ans (Voir la transcription des registres de 1774*). Il obtient sa licence en Droit à la fin de la même année et s'établit avocat à Quimperlé fin 1775 (voir la notice sur la profession d'avocat sous l'Ancien Régime).

Profession : juriste

A son mariage en 1778, Jacques est "avocat au Parlement". Indiqué dans l'acte de mariage comme domicilié à Quimperlé, on peut supposer qu'il y exerce sa profession devant la sénéchaussée locale dépendant du Présidial de Vannes. Mais son titre d'avocat au Parlement de Bretagne peut sans doute lui permettre de plaider devant d'autres juridictions bretonnes, en particulier à Quimper. En 1785, il est aussi procureur fiscal de l'abbaye Sainte Croix à Quimperlé.

En 1789, la Révolution le trouve procureur du roi, après qu'il ait été mentionné comme substitut du procureur du roi dès 1787.

Le 18 octobre 1790, il est élu juge au tribunal du district de Quimperlé et courant 1791, il est nommé, par le pouvoir exécutif, commissaire du roi près le Tribunal Civil de Quimperlé. Dès 1790, la fonction équivalente à celle du "ministère public" d'aujourd'hui a été partagée entre deux personnes : l'Accusateur public (élu), qui était chargé de la direction des poursuites et le Commissaire national (nommé), qui devait requérir l'application de la peine devant le Tribunal et se pourvoir en cassation, en cas de violation de la loi (voir Godechot, 1951). Tous les commissaires en poste le 18 août 1792, ayant été suspendus par un décret du même jour pris par l'Assemblée Législative, chacun sait qu'il va se retrouver sans fonctions et sans ressources à la fin de ce mois. Soutenu, mais en vain, par une supplique que la municipalité de Quimperlé envoie le 22 août à l'Assemblée Nationale, il est poussé par ses amis vers la députation à la nouvelle Convention. Désigné comme électeur par l'assemblée primaire du district de Quimperlé, il est élu député à la Convention Nationale le 9 septembre 1792.

Peu après sa sortie du Conseil des Anciens, le 20 mai 1797, Jacques GUERMEUR est nommé par le Directoire, le 14 juin 1797, juge au Tribunal civil du Morbihan, puis, le 22 décembre 1797, substitut auprès des tribunaux du Finistère. Dix mois plus tard, son acte de décès le présente comme Président du Tribunal Criminel du Finistère à Quimper, où il avait été nommé le 30 juin 1798.

 

Quimper-1776
Quimper en 1776
(dessin par Cassas - Musée départemental breton - Quimper)

plaideurs 1767
Plaideurs vers 1767
Convention Emeute
Emeute à la Convention Nationale

Le "bourgeois éclairé"

Cette expression consacrée rend compte à la fois d'un statut social de notable et d'un engagement "philosophique" et politique imprégné des idéaux du "Siècle des Lumières". Sa bibliothèque comptait près de 250 titres et plus de 900 volumes d'ouvrages de littérature, de poésie antique et classique, et évidemment de Droit civil et de droit coutumier (voir la transcription de l'inventaire).

Les historiens et érudits bien au fait de l'histoire de Quimperlé à la fin du XVIIIe siècle, n'y ont trouvé aucune trace des aires de sociabilité comme "société de pensée", société littéraire, chambre de lecture ou même comité de ville relié à la commission intermédiaire des Etats de Bretagne de 1789. Il est vrai que la petite taille de la ville, environ 2 900 habitants en 1789, facilitait les contacts informels multi quotidiens entre notables, regroupés quasiment dans la même rue (Voir Prestige de Quimperlé et Savina).

Par contre il n'était certainement pas franc-maçon. Car comme l'exposent les recherches de B. Le Gall, responsable des Archives de Quimper (voir Le Gall, 2011 et 2012 et correspondance avec D. Waquet), il n'y avait pas de loge à Quimperlé et Jacques Guermeur n'apparait pas parmi les membres des loges quimpéroises " La Parfaite Union" et l'"Heureuse Maçonne".

Des recherches complémentaires devraient permettre de découvrir dans quels cercles de pensée Jacques GUERMEUR puisait ses idées et ses relations, tout ce qui lui a, sans doute, permis de figurer sur la liste des candidats à la députation et d'être élu en septembre 1792 à la Convention Nationale.

Le parlementaire : à la Convention (1792-1795), au Conseil des Anciens (1795-1797)

Jacques GUERMEUR est élu député du Finistère à la Convention Nationale le 9 septembre 1792 par 334 voix sur 442 votants, 7ème sur les 8 élus du département.

Ses prises de position radicales lors du procès de Louis XVI (la mort, sans sursis et sans ratification par le peuple) tranchent sur l'attitude "modérée" de la majorité des 42 députés bretons (voir Pascal, 1983, en particulier p. 72). Mais peut-on pour autant qualifier GUERMEUR de Montagnard ? rien n'est mois sûr, du fait de son comportement en 1793 (voir Jacques GUERMEUR conventionnel). Il passera pourtant au travers des cabales, dénonciations, procès, émeutes, condamnations, qui ont marqué la vie de la Convention jusqu'à la mort de Robespierre (9 Thermidor an II - 27 juillet 1794).

C'est d'ailleurs la Convention qui, le 4 Brumaire an IV, va désigner Jacques GUERMEUR avec une centaine d'autres conventionnels pour siéger au nouveau "Conseil des Anciens" créé comme Chambre Haute par la nouvelle constitution de l'An III. Il est probable "qu'avec le temps, ses sentiments révolutionnaires se sont émoussés" (Pascal, 1983, p. 89). Il y siégera du 28 octobre 1795 au 20 mai 1797 (voir Jacques GUERMEUR au Conseil des Anciens).

La tradition familiale retient principalement de Jacques GUERMEUR son vote de régicide. D'autres actions et prises de position, ainsi que sa correspondance, doivent compléter le portrait de cette personnalité plus complexe qu'il n'y paraît au premier regard et qui n'aura certainement pas profité de ses fonctions, ni pour s'enrichir, ni pour favoriser sa famille.

Peu après sa mort, le 23 brumaire an VII, sa veuve, sans ressources avec ses 6 enfants de 11 à 18 ans, en appelle, en vain, à la générosité du Conseil des Cinq-Cents. Le département du Finistère lui octroiera cependant une aide temporaire.

Bibliographie / références sur internet

SOURCES D'ARCHIVES
- Les Archives départementales du Finistère conservent en plusieurs liasses de très nombreux documents sur Jacques Guermeur et sa famille. Ces documents regroupés en 1936 dans le "Fonds Guermeur-Malingre" (cote 30 J 1-8) par Henri Waquet, directeur des AD 29, a été inventorié par D. Waquet en 2012. Voir l'inventaire de la liasse 1 et l'inventaire de la liasse 2.
(*) Les registres de la Faculté de Droit de Rennes (conservés aux AD 35) étant, comme il se doit, tenus en latin, toute contribution à l'amélioration de leur transcription et de leur traduction est bienvenue. Ecrire à l'éditeur du site.

OUVRAGES
Notices biographiques
Comme tous les acteurs de la période révolutionnaire, Jacques GUERMEUR a fait l'objet de plusieurs notices biographiques. Ces notices peuvent se compléter ou se contredire (Voir le tableau comparatif de 6 notices). Tout n'y est pas nécessairement juste parque que souvent pas vérifié et il convient de rester prudent lors de leur consultation.
- CARATINI R. , Dictionnaire des personnages de la Révolution, Paris, Le Pré aux Clercs, 1989
- GIBOURY J.-P., Dictionnaire des régicides 1793, Paris, Perrin, 1989 dans lequel la notice sur J. Guermeur reprend presque entièrement la notice que lui avait consacré Kuscinsky
- KERVILER R., Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, Rennes, Plihon, Fas. 48 de l'édition de 1886, Tome 9 du reprint. J. Guermeur cité p. 322
- KUSCINSKI (Auguste), Les députés au Corps Législatif, Conseil des Cinq Cents, Conseil des Anciens, de l'an IV à l'an VII, listes, tableaux et lois, Paris, Société de l'Histoire de la Révolution française, 1905 (l'ouvrage est librement consultable sur internet)
- LEVOT P. et alii, Biographies Bretonnes, Recueil de notices sur tous les bretons qui se sont fait un nom soit par leurs vertus, soit par leurs crimes…, Cauderan, libraire -éditeur, Vannes-Paris, 1852. J. Guermeur cité p. 856-857
- MEYER C. (notice par) dans Dictionnaire de Biographie française, Paris, Letouzey et Ané, fas. 15, 1982, col. 1516
- PASCAL J. Les députés bretons de 1789 à 1983, Paris, PUF, 1983
- ROBINET Dr. Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l'Empire, 1789-1815, Paris, Librairie historique de la Révolution et de l'Empire, 1899,  J. Guermeur cité p. 112
- E. CADIO, A. de MATHAN, D. WAQUET co-signent une nouvelle notice reposant sur leurs recherches les plus récentes menées jusqu'à mai 2013. Elle sera publiée dans le nouveau Dictionnaire des Conventionnels, sous la direction de M. Biard, P. Bourdin, H. Leuwers, par le Centre International d'Etude du XVIIIe, Ferney-Voltaire, dans le cadre du projet ACTAPOL, Acteurs et action politique en Révolution, les conventionnels.

Autres ouvrages
- GODECHOT (Jacques), Les institutions de la France sous la Révolution et l'Empire, Paris, Presse Universitaire de France, 1951, 793 p.
- LE GALL (Bruno), Les loges de Quimper dans la seconde moitié du 18ème siècle in Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, Tome CXXXIX, 2011.
- SAVINA, J., Quimperlé et ses environs autrefois, Paris, Le livre d'histoire, 2006, réimpression de l'édition de 1967.
- Société d'Histoire du Pays de Kemperlé, Quimperlé, Prestige d'une cité bretonne, les rues du Château et du Gorréquer, Quimperlé, 1990.
- VOVELLE (dir.) L'état de la France pendant la Révolution, Paris, La Découverte, 1988, et en particulier AGULHON M. "Les sociétés de pensée" pp.44-49.

INTERNET
- Wikipedia Notice biographique de Jacques Guermeur
- QUIMPER : Sur la ville de Quimper (voir ) ; sur la cathédrale de Quimper (voir)

 

Plan du site Règles d'usage du site Contact
Dernière mise à jour : mai 2014